Versos French José-Maria de Heredia Ar-Mor

French poem

Ar-Mor

by (1842–1905)

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Pour me conduire au Raz, j’avais pris à Kerhor Un berger chevelu comme un ancien Evhage ; Et nous foulions, humant son arome sauvage, L’âpre terre kymrique où croît le genêt d’or.

Le couchant rougissait et nous marchions encor, Lorsque le souffle amer me fouetta le visage ; Et l’homme, par delà le morne paysage, Étendant son long bras, me dit : Senèz ar-mor !

Et je vis, me dressant sur la bruyère rose, L’Océan qui, splendide et monstrueux, arrose Du sel vert de ses eaux les caps de granit noir.

Et mon cœur savoura devant l’horizon vide Que reculait encor l’ombre immense du soir, L’ivresse de l’espace et du vent intrépide.