Versos French Jules Laforgue Complainte des Mounis du Mont-Martre

French poem

Complainte des Mounis du Mont-Martre

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Dire que, sans filtrer d’un divin Cœur, Un air divin, et qui veut que tout s’aime, S’in-Pan-filtre, et sème Ces vols d’oasis folles de blasphèmes Vivant pour toucher quelque part un Cœur…

Un tic tac froid rit en nos poches, Chronomètres, réveils, coucous ; Faut remonter ces beaux joujoux, Œufs à heures, mouches du coche, Là-haut s’éparpillant en cloches…

Voici le soir, Grince, musique Hypertrophique Des remontoirs !

Dire que Tout est un Très Sourd Mystère ; Et que le Temps, qu’on ne sait où saisir, Oui, pour l’avertir ! Sarcle à jamais les bons soleils martyrs, Ô laps sans digues des nuits du Mystère !…

Allez, coucous, réveils, pendules ; Escadrons d’insectes d’acier, En un concert bien familier, Jouez sans fin des mandibules, L’Homme a besoin qu’on le stimule !

Sûrs, chaque soir, De la musique Hypertrophique Des remontoirs !

Moucherons, valseurs d’un soir de soleil, Vous, tout comme nous, nerfs de la nature, Vous n’avez point cure De ce que peut être cette aventure : Les mondes penseurs s’errant au Soleil !

Triturant bien l’heure en secondes, En trois mil six cents coups de dents,

De nos parts au gâteau du Temps Ne faites qu’un hachis immonde Devant lequel on se morfonde !

Sûrs, chaque soir, De la musique Hypertrophique Des remontoirs !

Où le trouver, ce Temps, pour lui tout dire, Lui mettre le nez dans son Œuvre, un peu ! Et cesser ce jeu ! C’est vrai, la Métaphysique de Dieu Et ses amours sont infinis ! — mais, dire…

Ah ! plus d’heure ? fleurir sans âge ? Voir les tableaux lents des Saisons Régir l’écran des horizons, Comme autant de belles images D’un même Aujourd’hui qui voyage ?

Voici le soir ! Grince, musique Hypertrophique Des remontoirs !