French poem
Dialogue avant le lever de la Lune
— Je veux bien vivre ; mais vraiment, L’Idéal est trop élastique !
— C’est l’Idéal, son nom l’implique, Hors son non-sens, le verbe ment.
— Mais, tout est conteste ; les livres S’accouchent, s’entretuent sans lois !
— Certes ! l’Absolu perd ses droits, Là, où le Vrai consiste à vivre.
— Et, si j’amène pavillon Et repasse au Néant ma charge ?
— L’Infini, qui souffle du large, Dit : « pas de bêtises, voyons ! »
— Ces chantiers du Possible ululent À l’Inconcevable, pourtant !
— Un degré, comme il en est tant Entre l’aube et le crépuscule.
— Être actuel, est-ce, du moins, Être adéquat à Quelque Chose ?
— Conséquemment, comme la rose Est nécessaire à ses besoins.
— Façon de dire peu commune Que Tout est cercles vicieux ?
— Vicieux, mais Tout ! — Vicieux, mais Tout !— J’aime mieux Donc m’en aller selon la Lune.