French poem
Chorège
by Laurent Tailhade (1854–1919)
A Monsieur Jean Rameau, littérateur français.
«La dernière fois que je le vis, ce fut, si je ne me trompe, chez une comtesse de la rue Saint-Honoré, et l'on raconte qu'une autre comtesse qui demeure dans les environs de la gare Saint-Lazare, et très suspecte de basbleuisme, hélas! le comptait parmi ses fidèles.»
Des oeuvres complètes de M. JEAN RAMEAU. Lettre à l'Écho de Paris du 10 mars 1891.
Claudicator ayant découvert qu'il existe Des comtesses ailleurs qu'aux romans de Balzac, A chaussé des gants paille et revêtu le frac: On le prendrait, tant il est beau, pour un dentiste.
Jadis potard, expert à triturer les bols, Il rêvait, dédaignant le nom d'apothicaire, A des in-folios connus d'Upsal au Caire. --Et ses dormirs furent hantés par les Kobolds.
Maintenant, l'oeil féroce et la bouche crispée, Il récite devant l'indulgence attroupée Des vieilles dames aux appas gélatineux:
Et, surprenant effet des rimes qu'il accole, Nonobstant la rigueur des corsets et des noeuds, Sa voix fait tressaillir tous ces baquets de colle.