French poem
Villanelle : C’est l’arbitre du bon ton
by Laurent Tailhade (1854–1919)
C’est l’arbitre du bon ton Le youtre cher à Gamelle, C’est Meyer porte-coton.
Bravant le qu’en-dira-t-on, Aux hidalgos il se mêle. C’est l’arbitre du bon ton.
Le chouan, lorrain ou breton, Ne va point à sa semelle : C’est Meyer porte-coton.
L’âme atroce de Caton N’a pas en lui sa jumelle. C’est l’arbilre du bon ton.
Les coups de pied, de bâton, Dilatent sa gargamelle. C’est Meyer porte-coton.
On prise fort, chez Goton, L’empois qui le caramèle : C’est l’arbitre du bon ton.
Il craint le fer. Se bat-on, Sa cacarelle est formelle : C’est Meyer porte-coton.
Il éloigne l’esponton. La flamberge, l’alumette : C’est l’arbitre du bon ton
À deux mains, contre un séton Il protège sa flanelle. C’est Meyer porte-coton.
Chauve de partout, Giton De mainte vieille andrumelle, C’est l’arbitre du bon ton.
Il drapa le hoqueton Chez Antigny, sa fumelle : C’est Meyer porte-coton.
Il marine comme un thon Dans le chrême qui grumelle. C’est l’arbitre du bon ton.
C’est Dangeau, c’est Hamilton, Brummel dompteur de chamelle ! C’est Meyer porte-coton
L’Église aime ce croûton Et les gaupes font comme elle. C’est l’arbitre du bon ton, C’est Meyer porte-coton.