French poem
La Tête et le Cœur
by Léonise Valois (1868–1936)
Deux puissants souverains, depuis longtemps hostiles, Résolurent un duel. L'émoi fut général, Car les deux rois rivaux ayant prestige égal, Rêvaient la palme d'or pour leurs causes subtiles.
Moi, dit la Tête fière, à mon appoint j'aurai Tous les traits lumineux des savants et des sages, Tous les actes d'éclat qui marquèrent les âges D'un sillon glorieux et par eux, je vaincrai!
Et le Cœur aimant dit: Pour mon support, j'aurai Des mères tout le zèle et les soupirs des vierges, Le sang pur des martyrs et tombant sous les verges Une Chair adorable et par eux, je vaincrai!
Les monarques luttaient, lorsqu'entre eux deux tomba Une femme éperdue et poussant dans sa chute Un long cri douloureux paralysant la lutte, Un cri doux et profond... et le Cœur l'emporta.