Versos French Louis de Courten Le Lac alpin

French poem

Le Lac alpin

by (1880–1905)

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Au fond du cirque enclos de blanches sommités, Baignant de ses flots clairs des troncs moussus d’aroles, Le lac dans son berceau de moraines somnole, Comme un bijou d’Ophir rutilant de clartés.

La blondeur obsédante et fauve de l’été, Élimant le satin défraîchi des corolles, Enamoure d’un long baiser l’urne des trolles Et des lys martagons de pourpre mouchetés.

Pourquoi, dans le silence alangui de la grève, Mon pauvre cœur fut-il tenté de retenir Le vol capricieux et fugace du rêve,

Puisque avant de l’atteindre on l’avait vu mourir, Comme on voit dans tes flots, qu’un souffle moire à peine, Se mourir les reflets des montagnes lointaines !... Il l’en donna le gant à l’or paré. (La Chevalerie Ogier de Danemarche, t. 1, p. 103, v. 2489.)

Aux jours que va quêter la charmante Belise, Elle furète de l’église Les quatre coins et le milieu, Et tous ceux que l’on voit donner à cette belle Donnent moins pour l’amour de Dieu Qu’ils ne donnent pour l’amour d’elle.

Quand dans la nef et dans le chœur Bourdeille eut fait la quête, Que du troupeau, que du pasteur Elle eut fait la conquête, L’Amour, qui la suivoit de près, Tant elle était jolie, N’eût pas fait grâce à saint Gervais S’il eût été en vie.

Que ta fille jamais n’aille dans le saint lieu Quester des cœurs pour elle et des deniers pour Dieu.