French poem
Coin du feu
by Lucie Delarue-Mardrus (1874–1945)
T’attarder à la rêverie Que l’esprit des tisons te siffle, Est-ce par peur du vent qui crie Ou que la grêle ne te gifle ?
S’il fait mauvais, crève la vitre ! Ta bouche à la chaleur se gerce, Laisse interrompre ton chapitre Et va boire à même l’averse.
Dehors, dure et bonne est la vie ; Ton âme attend que tu la mènes. Dehors, ce sont cent mille chênes Qui chantent de toute leur pluie.
Il pleut ! Il pleut sur ton royaume ! Va ! Cours les routes et les pistes ! Le livre est trop lourd pour tes paumes, Et les conseils du feu sont tristes.
Va !… Câline est la cheminée À l’heure où la tempête hue, Mais que pesante une journée De n’avoir pas été vécue !