French poem
Crépusculaire
by Lucie Delarue-Mardrus (1874–1945)
Le jour s’en va. Monte ta bête ! Le plateau s’ouvre au bout du chemin malaisé… Dans l’obscurcissement de la nuit qui s’apprête, Les lacs lointains sont des coupes de lait. Est-ce le feu dans la forêt ? Le plateau s’ouvre au bout du chemin malaisé… Monte ! Tu pâliras en détournant la tête, Devant le déploiement du couchant biaisé. Qui donc glorifiera le ciel de sa blessure ? De ton silence ou de ton chant Seras-tu triomphale ou sombre ? Vas-tu t’attarder debout sur ton ombre ? Qui donc glorifiera le ciel de sa blessure ? Ah ! dis ! que tes talons éventrent ta monture, Et puisses-tu, saignant, écumant, trébuchant, Bondir des quatre pieds au travers du couchant !