French poem
Libation
by Lucie Delarue-Mardrus (1874–1945)
Les coquilles qui ont la courbure des vagues Conservent les couleurs de l’aube et du couchant Dans leur intimité qui luit comme une bague, Et la mer tout entière y a laissé son chant.
C’est pourquoi je prendrai dans mes mains l’une d’elles, Et, remplissant ce soir cette coupe à la mer, J’en ferai déborder le contenu amer Sur le sable qui le boira, — afin que celle Qui habite le flot méditerranéen, La sirène d’ici, connaisse mon dessein D’honorer grandement sa splendeur inconnue Et veuille m’accorder aussi la bienvenue…