French poem
Pour beaucoup
by Lucie Delarue-Mardrus (1874–1945)
L’ennemi guette au fond de ses lâches repaires Et cherche à se cacher tout en mordant de près. Âge de pierre pour toujours. — Aucun progrès N’adoucira jamais le venin des vipères.
Si loyale, si droite et pure, malgré tout, Ô mon âme, ô ma sœur unique, tu t’exhales. Faut-il que ces humains, amas immonde et fou, Entourent ta beauté d’un relent d’âmes sales ?
Allons-nous en, allons-nous en bien loin d’ici. Ma respiration souffre de ces haleines. Allons blanchir, parmi les solitudes saines, Le rêve intérieur que leur souffle a noirci.