French poem
Septembre
by Lucie Delarue-Mardrus (1874–1945)
La verdure jaunit comme quelqu’un grisonne, Voici venir ma belle automne.
Elle entre déjà toute en mon cœur qui l’attend : Je l’aime tant ! Je l’aime tant !…
Oh ! combien la venue est encore lointaine De ma future quarantaine !
C’est alors que, pareille à sa tristesse d’or, Je l’épouserai plus encor.
En moi, comme un fruit mûr à la branche qui plie, Pèsera mon âme accomplie,
Ma sève aura fini sa joie et ses efforts ; Et, tous mes rêves étant morts,
Je ne marcherai plus ainsi qu’une étrangère Dans les feuilles sèches légères…