Versos French Marceline Desbordes-Valmore Élégie (« Il avait dit un jour »)

French poem

Élégie (« Il avait dit un jour »)

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Il avait dit un jour : « Que ne puis-je auprès d’elle, (Elle, alors, c’était moi !) que ne puis-je chercher Ce bonheur entrevu qu’elle veut me cacher ! Son cœur paraît si tendre ; oh ! s’il était fidèle ! » Puis, fixant ses regards sur mon front abattu, Du charme de ses yeux il m’accablait encore ; Et ses yeux, que j’adore, Portaient jusqu’à mon cœur. « Jete parle, entends-tu ? »

Trop bien ! A-t-il soumis mes plus chères années ? Je n’y trouve que lui ; rien ne me fut si cher : Et pourtant mes amours, mes heures fortunées, N’était-ce pas hier ?

Que la vie est rapide et paresseuse ensemble ! Dans ma main, qui s’égare, et qui brûle, et qui tremble, Que sa coupe fragile est lente à se briser ! Ciel ! que j’y bois de pleurs avant de l’épuiser !

Mes inutiles jours tombent comme les feuilles Qu’un vent d’automne emporte en. murmurant : Ce n’est plus toi qui les accueilles ; Qu’importe leur sort en mourant ? Eh bien ! que rien ne les arrête ; Je les donne au tombeau ; je m’y traîne à mon cœur ; Et, comme on oublie une fête, Jeune encor, j’oublirai l’amour.

Pour beaucoup d’avenir j’ai trop peu de courage ; Oui ! je le sens au poids de mes jours malheureux, Ma vie est un orage affreux Qui ne peut être un long orage.