Versos French Marceline Desbordes-Valmore La Meunière et son seigneur

French poem

La Meunière et son seigneur

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Déjà blanche meunière, Éveillée à l’amour ?

— « Monseigneur, la chaumière S’éveille avec le jour. »

Cette aurore est brûlante, Comme ton teint vermeil !

— « Si votre marche est lente, Vous aurez le soleil. »

Eh bien ! passons à l’ombre ; Le ciel a trop d’ardeur.

— « Monseigneur ! l’ombre est sombre ; Et j’ai froid quand j’ai peur ! »

Viens ! meunière sauvage ; Je me perdrais sans toi.

— « Monseigneur ! c’est plus sage De passer loin de moi. »

Fille charmante et fière ! N’ose-t-on t’approcher ?

— « L’habit d’une meunière Ne doit pas se toucher. »

Oh ! les tiens ont la grâce Jointe à la pureté !

— « Mais ils laissent la trace De leur humilité. »

N’ose-t-on qu’à l’église Chercher ta douce main ?

— « Pour une autre que Lise, Vous prendrez ce chemin. »

Qui donc, plus que moi-même Mérite ton retour ?

— « Un beau meunier qui m’aime, Et que j’aime d’amour. »

Puisqu’un meunier t’approche, Peux-tu me refuser ?

— « C’est que pas un reproche Ne suivra son baiser. »

Un amant, à tes charmes Doit de l’or et des fleurs…

— « Nous aurons moins d’alarmes Sous les mêmes couleurs ! »