Versos French Marceline Desbordes-Valmore La Tombe lointaine

French poem

La Tombe lointaine

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Ô ma charmante mère ! Morte d’âme et d’amour, À ta vie éphémère, J’ai donc puisé le jour ! Les fleurs de ton visage Languissent sur le mien, Et j’ai pour mon présage, Un cœur qui bat du tien !

De blonds cheveux ornée, Comme d’un voile d’or, Pliante et prosternée, Tu m’éblouis encor ! Notre église avait-elle, Doux aimant du saint lieu, Une sainte plus belle, Pour m’attirer à Dieu !

Vers ta grâce ignorée, Comme on va droit aux fleurs, J’allais, tout attirée, Où tu versais tes pleurs ; Ta pauvreté suivie : Versait du ciel sur moi, Et mes parfums de vie, Tu les portais en toi !

Par instant si je pleure, À des sons de ma voix, C’est qu’elle est à cette heure, La tienne d’autrefois ! C’est qu’elle est de deux âmes, L’impalpable ciment : Oh ! que ces pauvres flammes, S’appellent tristement !

Vers ta moitié mortelle, Qu’ont ramené les mers, Ton ombre revient-elle Par les chemins amers ? Ce fruit que je respire, L’as-tu vu dans sa fleur ? Ce chant que je soupire, En plains-tu la douleur ?

Oui ! ton rire sonore, Tes maternels pouvoirs, Dieu les redit encore Dans tes premiers miroirs ; Oui, mère ! par tes charmes, Moins beaux, moins triomphans, Mais surtout par tes larmes, Nous sommes tes enfans !