Versos French Marceline Desbordes-Valmore Une Âme

French poem

Une Âme

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D’une pauvre âme en cheveux blancs, Qui s’épure ensemble et s’altère, Pourquoi venez-vous, ô mon frère ! Épier les rayons tremblans D’une pauvre âme en cheveux blancs ?

Tant de jours ont chassé le jour Où la vôtre s’en est allée, Laissant sa jeune sœur voilée Se dévouer seule à l’amour : Tant de jours ont chassé ce jour !

N’est-ce pas apprendre bien tôt Que l’amour n’est pas de la terre ? Un jour, la tendre solitaire Devina qu’il était plus haut : N’est-ce pas l’apprendre bien tôt ?

Il est plus haut ! vous y viendrez, Puisqu’enfin vous m’avez cherchée ; Et moi, pour m’être ainsi cachée, Belle un jour vous me reverrez. Plus tard, bien tard, vous y viendrez !

Mais fuyez ce sentier de feu, Couvert d’une si triste cendre ; Nous ne pouvons plus redescendre ; Le temps vole : attendez un peu ! Mais fuyez ce sentier de feu.

Si l’ange de la charité S’émeut à ma double prière, Vous monterez à sa lumière En quittant ce monde agité : Tout s’unit dans la charité !

Moi, sans frayeur ; vous… toi sans fiel, Dieu sera dans notre présence, Comme à ce beau temps d’innocence Où nos regards étaient le ciel, Moi, sans frayeur ; vous… toi, sans fiel !