French poem
Le Blafard
Quand on nous dit : « Vous êtes pâle ! » Aussitôt un trouble nous vient, Et nos traits perdant leur maintien Foncent encor leurs tons d’opale.
N’aurait-on pas le cœur plus mâle Si l’on ne se reprochait rien ? Quand on nous dit : « Vous êtes pâle » Aussitôt un trouble nous vient.
Car c’est le vice qui nous hâle, Nous ne le savons que trop bien : De là l’angoisse qui nous tient. Nous sentons plus près notre râle Quand on nous dit : « Vous êtes pâle. »