French poem
Le Cœur mort
Je rêvais que mon cœur flottait dans le château Au-dessus d’une coupe étrange et poussiéreuse : — Pour y saigner, bien sûr ! Car sa plaie est si creuse Que le temps y retourne encore le couteau !
Eh quoi ? La chose alors était par trop affreuse : Ni la meule du spleen, ni les coups de marteau Du malheur, ni l’angoisse aux mâchoires d’étau Ne pouvaient exprimer sa pourpre douloureuse.
Mon cœur vit ! m’écriai-je, il palpite ; il ressent ! Je perçois son tic-tac, et certes, c’est du sang, Du sang qui va couler de sa blessure ouverte !
Mais non ! Il était mort, archi-mort, et si mûr, Qu’une larme de pus nauséabonde et verte En suinta lentement comme l’eau d’un vieux mur.