French poem
Le Fossoyeur
Le fossoyeur-bedeau Se fait toujours attendre… Les porteurs vont reprendre Leur funèbre fardeau.
En soufflant ses grands cierges L’officiant se dit : « Mon sacristain maudit Court encor les auberges ! »
Enfin, on s’achemine Au cimetière, et là Riant tout fort, voilà Chacun changeant sa mine.
Car, une voix sereine, Avec l’accent gouailleur, Celle du fossoyeur, Monte et dit, souterraine :
« C’te nuit, un coup d’boisson M’a fait perd’ la raison ; Comm’ j’étais dans la place J’ai réchauffé la glace.
Vos libera, quoiq’ saoul, J’les entends ben d’mon trou : Que l’bon Dieu les exauce !
Pauv’ mort ! t’attends ta fosse ? Tu l’auras ! laisse avant S’désenterrer l’vivant ! »