French poem
Le Lamento des tourterelles
Par les ombres du crépuscule Et sous la lune de minuit, Quelle tristesse au fond du bruit Que la campagne inarticule, Et comme alors il vous poursuit De la ravine au monticule, Ce râle exhalé par l’ennui Des tourterelles !
L’arbre s’effare et gesticule Aussi vaguement qu’il bruit ; Dans l’herbe un frisson brun circule ; L’eau n’est plus qu’un brouillard qui luit, Et le vent tiède véhicule À l’écho qui le reproduit Le roucoulement minuscule Des tourterelles !
Et moi, que la douleur conduit, Je mêle à ces voix de la nuit Ma plainte horrible où s’inocule Tout le regret du temps qui fuit Et du passé qui se recule.