French poem
Le Marchand d’habits
Marchand d’habits ! Ta voix de cuivre et de rogomme Me surprend tout à coup, me hèle en tapinois ; Et toujours dans mon âme elle pénètre, comme Un fantôme canaille, ironique et sournois.
Entouré de bouquins, devant mon cher pupitre, J’ai beau dompter le spleen et l’à-quoi-bon moqueur, Pour me martyriser ton cri perce ma vitre Et vient en ricanant se planter dans mon cœur.
Fatalement alors je cours à la fenêtre ; Mais, cette fois, je sens frissonner tout mon être En rencontrant ton œil obliquement tourné.
Et nous nous regardons tous les deux, sans rien dire : Et tu pars satisfait, sachant que ce damné Va passer la journée entière à te maudire !