French poem
Le Père Pierre
Fantastiques d’aspect sous leur noire capote, Mais, très humaines par leurs caquets superflus, Les commères, barrant la route aux verts talus, À la messe s’en vont d’un gros pas qui sabote.
« Tiens ! v’là l’pèr’ Pierr’ ! fait l’une, un malin, celui-là ! Pour accrocher l’poisson quand personn’ peut en prendre ; I’ dit q’quand il a faim, d’fumer q’ça l’fait attendre, Et qu’un’ bonn’ pip’ souvent vaut mieux qu’un mauvais plat. »
L’homme les joint bientôt. En chœur elles s’écrient : « Il faut croire, à vous voir marcher En tournant l’dos à not’ clocher, Q’v’allez pas à la messe ! » et puis, dame ! elles rient…
« Moi ? si fait ! leur répond simplement le vieux Pierre, Mais, tout par la nature ! étant ma seul’ devise, J’ vas à la mess’ de la rivière Du bon soleil et d’ la fraîcheur, Avec le ravin pour église, Et pour curé l’martin-pêcheur. »