Versos French Maurice Rollinat Le Pistolet

French poem

Le Pistolet

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« Dis donc ! tu réfléchis beaucoup ?… Car, enfin, tu n’aurais qu’à brûler ta cartouche Quelle perplexité pour t’envoyer le coup Dans une tempe ou dans la bouche !

J’attends que ton doigt se décide ; Je te tuerai net. Foi de revolver ! Allons, et que la fin de ce jour gris d’hiver Avec la tienne coïncide !

Veux-tu que je te dise, hein ! raisonneur pervers ? Jusqu’en ton désespoir, la prudence réside ; Elle reste à l’endroit sous ta face à l’envers, Et la preuve qu’elle est absolument lucide, C’est que tu trembles comme un ver. Quand l’homme veut tomber roide, le crâne ouvert, Il faut qu’à son dessein la démence préside ; Mais, crois-moi, pour l’instant, tes accès sont trop verts, Pas encore assez mûrs pour le Vrai Suicide ; Tu ferais mieux d’aller me rependre en travers, Sur la muraille où je m’oxyde. Tu sais bien tramer ton trépas ; Quant à le perpétrer, non pas. Ton ennui tourne autour, ta détresse le frôle, Mais tu le réduis aux apprêts. Si je te vois jamais te supprimer exprès, En vérité, ce sera drôle !

Ne me décroche de mon clou Que le jour où tu seras fou. D’ici là rempoigne ton vice ; Je suis toujours à ton service. »