French poem
Les Causeurs
L’astuce file à ses rouets Mainte apparence qui nous vole ; La pensée a ses faux billets Que répand la langue frivole.
L’âme est le livre du biais Plein de ténèbres et de colle ; Le Diable qui nous fait l’école Seul en dépoisse les feuillets.
On ne lit que les inquiets Dans leur silence ou leur parole Devenus les tristes jouets De l’angoisse qui les isole.
Un deuil renfermé s’y désole, Mais sans cesse à sanglots muets, L’aveu compromettant s’envole De ces pauvres cœurs si douillets ;
Car le vrai remords est niais Comme la vraie horreur est folle !