French poem
12 (Chère, toi l’amoureuse ardente…)
by Maurice Vaucaire (1863–1918)
Chère, toi l’amoureuse ardente Du Beau, l’artiste indépendante ! Tu devrais dessiner ce coin Inconnu qui va si peu loin :
Pas plus de dix arbres, dans l’herbe ; Au-dessus, un soleil superbe Qui s’amuse à les caresser ; Et la brise aime à les bercer.
En l’air, une seule famille D’oiseaux qui vole et s’égosille ; Des fleurs, des boutons d’or tremblants Aux bords de ruisseaux bleus et lents.
Au milieu de ces avenues Et de ces grandes plaines nues, Ce coin sera notre boudoir, Gai le matin, calme le soir ;
Le soleil mettra des murailles De lumière sous les broussailles, Et la lune sur le gazon Limitera notre maison.