French poem
Les poètes sont en paix
by Odilon-Jean Périer (1901–1928)
Midi, chez moi. Comme une table de marbre, Toute flamme et tout désir, Comme de l’or dans un arbre, Secoué par le plaisir,
Rions ! Si la poésie Doit renaître dans mon sang, C’est le ciel qui s’y allie Par ce sanglot déchirant.
6 heures. Le ciel et de pauvres maisons S’ouvrent au fond de ma fenêtre. Divinités de la saison, Ce sont des figures de neige.
Or, tout s’est tu pour me tenter. — Ma voix n’est pas assez limpide.
Dieu vous a dit la vérité ;
Comme son poète est paisible !
Minuit, ailleurs. Oui, la Sagesse tient Dans une de vos mains.
— Mais qu’allez-vous en faire ?
Je suis son colombier. Elle aime à se poser Dans une vie sévère. — Philosophie, oiseau Des lauriers, tente l’eau Méditante, tranquille, Où l’âme est immobile, — — Comme un poète-enfant Caresse, en s’y berçant, Une ombre élyséenne..
Plumages pleins de jour ! Visages de l’amour ! Colombes léthéennes.
Sagesse, Poésie, Me quittez-vous encor ?
Plus graves que la vie, Plus pures que la mort…