French poem
À Jules Tellier
Quand je vous vois de face et penché sur un livre Vous m’avez l’air d’un loup qui serait un chrétien, Pardon, rectifiez : qui serait un païen, En tous cas d’un loup peu garou qui saurait vivre.
Je vous vois de profil : un faune m’apparaît, Mais un faune sélect au complet sans reproche Avec, pour plus de chic, une main dans la poche Et promenant à pas distraits son vœu secret.
Vu de dos, vous semblez un sage qui médite, À jamais affranchi des fureurs d’Aphrodite Et du soin de penser uniquement jaloux.
Vu de loin, on vous veut de près à justes titres. Et, car la vie, hélas ! a de sombres chapitres. Quand je ne vous vois pas je me souviens de vous.