French poem
Au comte Robert de Montesquiou-Fezensac
Le poète infini qui, doublant et triplant Les nuances, sonda jusques à nos scrupules, Crevant les mauvais arguments comme ces bulles De savon qu’il suffit de détruire en soufflant.
Le voilà, composant d’un geste sobre et lent, Un bouquet frais cueilli, lors des doux crépuscules Tombant, « dahlia, lis, tulipe et renoncule » Et toutes fleurs au monde et par delà, relent
Mystique qu’il fallait pour compléter la fête Parfumée où le mage exquis nous conviait, Et dont nous jouissions d’un frisson inquiet.
J’admire le penseur subtil et l’âpre esthète Des pensers voletant comme chauves-souris, Mais j’aime le fin enchanteur aux sorts fleuris.