Versos French Paul Verlaine Ii

French poem

Ii

by

Listen in the reader

Une faible lueur palpite à l'horizon Et le vent glacial qui s'élève redresse Le feuillage des bois elles fleurs du gazon; C'est l'aube! tout renaît sous sa froide caresse.

De fauve l'Orient devient rose, et l'argent Des astres va bleuir dans l'azur qui se dore; Le coq chante, veilleur exact et diligent; L'alouette a volé stridente: c'est l'aurore!

Éclatant, le soleil surgit: c'est le matin! Amis, c'est le matin splendide dont la joie Heurte ainsi notre lourd sommeil, et le festin Horrible des oiseaux et des bêtes de proie.

O prodige! en nos coeurs le frisson radieux Met à travers l'éclat subit de nos cuirasses, Avec un violent désir de mourir mieux, La colère et l'orgueil anciens des bonnes races.

Allons, debout! allons, allons! debout, debout! Assez comme cela de hontes et de trêves! Au combat, au combat! car notre sang qui bout A besoin de fumer sur la pointe des glaives!