French poem
La montre brisée
Dans notre vie un peu fantasque Il n’est, je crois, rien arrivé De plus masque et tambour de basque Et mi-carême et mardi gras
Que cette colère venue De quel donc prétexte vraiment ? Qui, dès grosse erreur reconnue, Nous rentrés de mauvaise humeur,
Me fit, sans que rien pût là contre, D’un pied fantochement vainqueur, Écraser cette pauvre montre Que tu venais de m’acheter.
Je piétinais comme un beau diable, Comme un polichinell’ rageur, L’horloginette lamentable Qui tôt ne fut qu’un triste tas
De cuivre et d’argent et de verre Dès lors se relevant en… « bosse », Et maintenant, à moi sévère, Après coup je compris trop tard
Que j’ai mal et me lamente À propos du bijou perdu Et de l’heure à jamais absente… Mais quelque chose de dedans
Moi-même me dit : « C’est carême Aujourd’hui, mais rassure-toi, — L’heure n’en va pas moins quand même. Heureuse ou non… » Heureuse ou non… »Baste ! aimons-nous.