Versos French Paul Verlaine Le lieu des adieux

French poem

Le lieu des adieux

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Le lieu des adieux (pas éternels), — la saison Dernière était au coin de la basse maison Tout rouge — la tuile et la brique y fourmillent (Vis-à-vis le gazon bordé de camomille) Qui sert de local à des services divers. Là l’heure ayant sonné de son timbre pervers, Nous enjoignant de nous séparer tout de suite, Hélas ! avant qu’hélas ! tu ne prennes lu fuite, Je t’embrassais si fort que toi tu ne pouvais T’empêcher de rire aux éclats, et ne savais Pour lors me refuser un baiser sur la bouche, Un gros, frais, long baiser partagé, puis, farouche Pour la forme — c’était presque en public, des yeux Pouvaient nous voir, en malins, ou pics, officieux, Des langues bavardes, et quel scandale ! et leste, Cruellement, tu me quittais, instant céleste Et diabolique, avec ces mots : « Je ne viens plus. » Car, sachant bien que tu viendrais, irrésolus Toutefois, mes désirs fous tantôt ivres d’ire Et de larmes, tantôt pleins d’espoir à ton dire, Se souvenant de la chère intonation Et de la gentiment taquine intention, Me balançaient dans une fausse inquiétude, Jusqu’au lendemain, tendre amie au verbe rude.