French poem
Vieilles bonnes chansons
Ô l’Innocente que j’adore De tout mon cœur, en attendant Qu’à ce bonheur timide encore S’ajoute le Plaisir ardent,
Vienne l’instant, ô Innocente, Où, sous mes mains libres enfin, Tombera l’armure impuissante De la robe et du linge fin ;
Et luise au jour chaud de la lampe Intime de ce premier soir, Ton corps ingénu vers quoi rampe Mon désir guettant son espoir,
Et vibre en la nuit nuptiale, Sous mon baiser jamais transi, Ta chair naguère virginale, Nuptiale alors, elle aussi !
Je t’apprendrai, chère petite, Ce qu’il te fallait savoir peu Jusqu’à ce présent où palpite Ton beau corps dans mes bras de dieu :
Ta chair si délicate est blanche, Telle la neige et tel le lys ; Ton sein aux veines de pervenche Se dresse en deux arcs accomplis ;
Quant à ta bouche, rose unique, Elle appelle mon baiser fier ; Mais sous le pli de la tunique, Rit un baiser encor plus cher.
Tu passeras d’humble écolière, J’en suis sûr et je t’en réponds, Bien vite au rang de bachelière Dans l’art d’aimer les instants bons.
Tu parles d’avoir un enfant Et n’as qu’à moitié la recette. Nous baiser sur la bouche, avant, Est utile, certes, à cette Besogne d’avoir un enfant.
Mais, dût-s’en voir à tort marri L’idéal pur qui te réclame, En ce monde mal équarri, Il te faut être, en sus, ma femme Et moi me prouver ton mari.