French poem
Chambre D'Amour
La nuit tiède est clémente à la ville qui dort; Des lys impérieux triomphent dans la chambre Et cependant nos coeurs sont froids comme Décembre Et nos baisers d'amours amers comme la mort.
Ta douce bouche s'ouvre à des chansons mièvres Et tes seins bienveillants accueillent mon front las; Mais, ô ma douloureuse enfant, je ne sais pas Pourquoi les dieux mauvais empoisonnent nos lèvres.
Qu'importe? viens vers moi, triste soeur; aimons-nous, Sans craindre la saveur glorieuse des larmes, Tels des héros blessés avec leurs propres armes Et dont le glaive d'or a rompu les genoux.
Viens! nous aurons l'orgueil des âmes taciturnes En cette chambre morne et veuve de flambeaux, Où, semblable à l'odeur des antiques tombeaux, Un parfum sépulcral monte des lys nocturnes.