French poem
Les Violons
Et lux perpetua luceat eis.
Seigneur, ces exilés de la seule patrie Criaient vers toi du fond des gouffres ténébreux; Pitié, fais ruisseler des nuages sur eux La source de splendeur promise en Samarie.
Que la mort leur devienne un baptême: revêts Leurs flancs martyrisés de robes de lumière Et donne leur essor dans la gloire première Aux cygnes échappés aux pièges du Mauvais.
Magnifiques et purs, après la lutte rude, Ils voleront vers les parterres triomphaux Où des lys, méprisant la morsure des faux, Fleurissent dans la joie et la béatitude,
Tandis que le soleil d'un ineffable été Inonde d'or brûlant les roses et dilate Les parfums épandus des coupes d'écarlate Et que l'éther subtil chante l'éternité.
Rappelle au nid fermé les frissonnantes âmes Et les ailes d'amour monteront vers l'Amant A travers l'harmonie et l'éblouissement Des musiques, des voix, des splendeurs et des flammes,
Et les siècles futurs et ceux qui ne sont plus Tressailleront en toi d'une même allégresse En oyant tel qu'un chant et tel qu'une caresse Frémir au ciel nouveau le vol blanc des élus.