Versos French Raoul Ponchon Chanson de printemps

French poem

Chanson de printemps

by (1848–1937)

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Alerte ! alerte ! Les bois, les champs Sont pleins de chants Et d’herbe verte.

Le gai Printemps Arrive. Il pose Son pied de rose Sur les autans.

Un doux mystère Va s’accomplir, Et tôt remplir Toute la terre.

Muse, debout ! Allons, Lolotte, Voyons, ma crotte, Debout, debout !

De ta fenêtre Oy le babil Du jeune Avril Qui vient de naître.

Quoi ! ce beau temps Ne te redonne- T-il pas, mignonne, Tes chers vingt ans ?

Moi ? vois ma veine, Je crois avoir Comme Séquoir Dix ans à peine…

En quoi j’ai tort, Vu que ce sage Malgré cet âge Est plutôt mort.

Avril est vite, Fuitif combien ! Puisque aussi bien Il nous invite,

Mets ton chapeau Le plus modeste, Fous-moi ma veste, Allons, hop ! oh !

À la campagne Fuyons ce veau D’Esprit Nouveau… Qu’il ne nous gagne.

Mais quoi ! déjà D’ergot à crête Te voilà prête ! C’est gentil, ça.

Vois-tu, ma reine, Il faut aller Nous trimballer En des Suresne,

En des Chatou, En des Joinville, Des Chatnoirville Ou, n’importe où

Propre aux bitures — Es bord de l’eau — De picolo Et de fritures…

Tu m’aimeras À la desserte, En tout cas, certe, Me le diras ;

C’est ton affaire. Pour quant à moi Sans plus d’émoi Je ne puis faire

En ce beau jour D’effort pour croire À d’autre histoire Qu’à ton amour.

Cette romance Est folle — on sait — Et d’ailleurs, c’est Sans importance ;

Car — dieu merci ! Lorsque moi-même Je dis : « Je t’aime… », Je mens aussi.