French poem
Madrigal
by Raoul Ponchon (1848–1937)
Comme il faudrait, reine de mes amours, Un rythme aux précieux contours Pour célébrer l’originalité De ta fière beauté,
Je ne saurais, vois-tu, trouver des mots Qui soient d’assez parfaits émaux Pour enchâsser dans leurs flancs précieux La grâce de tes yeux.
La neige auprès de toi semble du lait, Le lis royal est ton valet, Le cygne est blanc, mais il faut pour cela Que tu ne sois pas là.
Il me vient plus de chaleur et d’éclat De ton visage délicat Que du soleil qui fait fleurir les fleurs Aux cent mille couleurs.
Je ne sais pas de son plus étonnant Que ton parler si doux sonnant Et les oiseaux qui ravissent les bois Sont jaloux de ta voix.
Auprès de toi, fleur de ma passion Toute grâce est illusion Et le regard d’un Dieu te fanerait Et te profanerait.