French poem
Pétales sur l’eau
by Renée de Brimont (1880–1943)
De tout cela qui fut l’Été — de cette joue ardente et lourde, de ce front qui penchait, accablé sous les guirlandes et les grappes, de cette gorge que brunit le hâle et de ces chants touffus dans la robe des blés, il nous reste, dans votre robe, dans vos mains de fraîcheur, Automne, il nous reste un reflet… un écho… une douceur encore fiancée à l’eau. Et puis une rose dernière !… Votre souffle promène les acres senteurs humides des forêts, Automne belle ! — De votre cœur secret monte une nostalgie étrange et comme un regret ; et des lueurs encore dansent sur le liquide et lisse miroir où j’allais voir une rieuse Flore de marbre et de mousse… Et pareille à la douce, à la rouge bouche de l’Été défunt, sur ces calmes eaux pâles, pétale à pétale la rose douce et rouge effeuille son parfum.