French poem
Fête d’automne
by Renée Vivien
L’espoir de vivre ailleurs des jours clairs m’abandonne Et je célèbre ici la fête de l’automne.
Au-dessus de ma porte, avec un regret doux Et chantant, je suspends les guirlandes d’or roux
Qu’une femme au regard que nulle mort n’étonne A cueillis, en pleurant sur la mort de l’automne…
Ma maîtresse d’hier, nous ne fûmes jamais Un couple harmonieux… Autrefois, je t’aimais…
Je goûte en ce baiser que ta bouche me donne L’odeur de l’herbe humide et des feuilles d’automne,
L’odeur lourde des lourds raisins, et cette odeur De pavots morts que jette au loin le vent rôdeur…
Seule dans mon jardin fané je me couronne De feuillages et de violettes d’automne…