French poem
La Madeleine du Corrège
by Saint-Cyr de Rayssac (1837–1874)
La Vierge n’est plus folle. Un malaise d’amour La tient presque mourante au fond d’une vallée Et pèse avec langueur sur sa gorge troublée Comme le vent du soir sur un raisin trop lourd.
Son œil à demi clos veut oublier le jour. Vénus mélancolique, à l’ombre d’une allée Sous un effort de vie elle tombe accablée, Car son cœur était large et le temps était court.
La voilà donc pieds nus la belle pécheresse Pieds nus, cheveux en pleurs, et la tiède paresse Gonfle en les déroulant les anneaux de sa chair ;
Sur l’autel orageux où flamboyait cette âme Les cendres pour une heure ont étouffé la flamme Qui parfume la lampe et dort sans un éclair.