French poem
« Des laves du Vésuve une goutte enflammée »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Des laves du Vésuve une goutte enflammée, Durcie en pierre sombre où l’onyx est scellé, Luit dans l’or sur sa gorge, à son sein étoilé : Un guerrier s’y figure en antique camée.
Et tandis qu’elle parle, et que, de grâce armée, Elle glisse et fait fuir, autre part appelé, Le regard qu’attachait l’éblouissante clé, Toujours il y revient, à l’idole fermée.
Ô Vous qu’on aime à l’ombre, et selon vous trop tard, Qu’on désire avec pleurs, qu’on implore sans art, Oh ! quand il nage encor dans sa neige si belle,
Oh ! qu’à ce sein je puisse, avant mon soir aussi, Mieux qu’antique camée ou lave au flot durci, Clouer mon front brûlant, toute une heure… éternelle !
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