French poem
À l’Hirondelle
Toi qui peux monter solitaire Au ciel, sans gravir les sommets, Et dans les vallons de la terre Descendre sans tomber jamais ;
Toi qui, sans te pencher au fleuve Où nous ne puisons qu’à genoux, Peux aller boire avant qu’il pleuve Au nuage trop haut pour nous ;
Toi qui pars au déclin des roses Et reviens au nid printanier, Fidèle aux deux meilleures choses, L’indépendance et le foyer ;
Comme toi mon âme s’élève Et tout à coup rase le sol, Et suit avec l’aile du rêve Les beaux méandres de ton vol.
S’il lui faut aussi des voyages, Il lui faut son nid chaque jour ; Elle a tes deux besoins sauvages : Libre vie, immuable amour.