French poem
Comme alors
Quand j’étais tout enfant, ma bouche Ignorait un langage appris : Du fond de mon étroite couche J’appelais les soins par des cris ;
Ma peine était la peur cruelle De perdre un jouet dans mes draps, Et ma convoitise était celle Qui supplie en tendant les bras.
Maintenant que sans être aidées Mes lèvres parlent couramment, J’ai moins de signes que d’idées : On a changé mon bégaiement.
Et maintenant que les caresses Ne me bercent plus quand je dors, J’ai d’inexprimables tendresses, Et je tends les bras comme alors.