French poem
L’Océan
L’Océan blesse la pensée : Par la fuite des horizons Elle se sent plus offensée Que par la borne des prisons ;
Et les prisons dans leurs murailles N’ont bruits de chaînes ni sanglots Pareils au fracas de ferrailles Que font dans les rochers les flots.
Il faut tenir des mains de femme Quand on rêve au bord de la mer ; Alors les horreurs de la lame Rendent chaque baiser plus cher ;
Alors l’inévitable espace, Dont l’attrait m’épuise aujourd’hui, De l’esprit que sa grandeur passe, Descend au cœur grand comme lui !
Et là tout l’infini demeure, Toute la mer et tout le ciel ! L’amour qu’on te jure à cette heure, Ô femme, est immense, éternel.