French poem
La Place Saint-Jean-de-Latran
Au mois de novembre, à midi, Je foulais cette large place Au sol vague, formant terrasse Sur la campagne à l’infini.
À gauche, un aqueduc s’allonge Par-dessus les plis du désert Et dans les montagnes se perd Aussi loin que le regard plonge ;
Vieil échanson que n’use point La soif des races, il commence À mes pieds par une arche immense Et finit là-bas par un point…
À droite, des vergers, des vignes, Des toits plats, des murs blancs, des pins, Et, tout au loin, les monts Sabins Aux sereines et fermes lignes.
Tel le fond d’un lac azuré, À travers l’eau tranquille et belle, Voilé, mais non terni par elle, Semble grandir transfiguré ;
Tel, dans les campagnes romaines, Sous la fine écharpe de l’air Paraît plus doux et non moins clair, Et plus grand, l’horizon des plaines ;
Et cet air magique et subtil Est tiède : ici l’été s’achève Comme un printemps nouveau qui rêve En attendant son mois d’avril.