French poem
Les Caffieri
Dans les maîtres anciens, dont les mœurs ont péri, L’artiste et l’artisan ne se séparent guère : Le sculpteur sait dorer, n’estimant trop vulgaire Aucune tâche utile à son œuvre chéri.
Tels, aux lois d’un goût sûr, les premiers Caffieri Domptent le bronze et l’or aussi bien que la terre ; Le dernier, consommant la lutte héréditaire, Attaque enfin le marbre en athlète aguerri !
Mais le ciseau légué, dont il grandit l’usage, Pour modèle prend moins les dieux au froid visage Que les mortels épris du laurier des Neuf Sœurs ;
À l’oisive beauté, fleur d’une vie heureuse, Il ose préférer, sur le front des penseurs, Le pli laborieux qu’une âpre veille y creuse.