French poem
Métamorphoses
Ô Nature, creuset des choses, Être homme est un ingrat honneur ; Prépare aux morts quelque bonheur Dans le flux des métamorphoses :
Que le pied qui bat les chemins, Racine plus tard, se repose, Et que, plus tard, se change en rose Le creux ensanglanté des mains ;
Que, dans les fortunes nouvelles Des couples trop tôt désunis, Les cœurs des femmes soient des nids, Les cœurs d’hommes des hirondelles ;
Que les fronts n’aient plus désormais L’ombre et la honte pour compagnes ; Qu’ils soient des plus hautes montagnes Les radieux et fiers sommets ;
Et qu’au sortir des justes tombes Qui nous font devant toi pareils, Les plus pauvres soient des soleils Et les plus méchants des colombes !