French poem
Seul
Le bonheur suit sa pente et rit Sans témoins, comme un ruisseau coule : Celui qu’une amante chérit N’en parle jamais à la foule.
Ô bruit connu d’un léger pas, Clair baiser d’une bouche rose, Soupir qui ne se note pas, Accent qui n’est ni vers ni prose !
Quel chant, quel trouble aérien Est assez frais pour vous redire ? Ah ! l’amour est un si grand bien Que ses heureux n’ont pas de lyre !
Mais celui qui n’est pas aimé, Qui ne peut embrasser personne, Étreint un luth inanimé Qui prenant sa vie en frissonne ;
Dans la gloire il cherche l’oubli De sa solitude profonde, Et d’un cœur qui n’est pas rempli Tend la coupe infinie au monde.