Versos French Sully Prudhomme Sonnet

French poem

Sonnet

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Du passé des forêts séculaires débris, Les feuilles mortes font, par le temps qui les ronge, De chaque vieux sentier comme une longue éponge Au dehors toute sèche et d’un or froid et gris.

Mais qu’on fouille au dedans : les feuillages flétris Sont humides et chauds à la main qui s’y plonge ; L’été des plus anciens fermente et se prolonge Sous les derniers tombés qui leur servent d’abris.

Tel est le sort obscur des jeunesses fanées : Le sec et froid linceul des dernières années Cache l’amas des jours écoulés sans malheurs ;

Mais quand on plonge au fond de ce long deuil sans plainte, On sent toujours couver des rayons dans des pleurs, Invincible ferment de la verdeur éteinte.