French poem
Chanson d’amour
Si je l’dis à l’alouette, L’alouette le dira. La violett’ se double, double, La violett’ se doublera.
Qui veut avant le point du jour, Vers le bien-aimé de mon âme, Parce que je languis d’amour, Porter le secret de ma flamme ?
Ô mon cœur, à quel cœur discret Peux-tu te confier encore ? — Si l’alouette a mon secret, Elle ira le dire à l’Aurore.
Le désir de son javelot A percé mon cœur qui se brise. — Si je dis mon secret au flot, Le flot l’ira dire à la brise.
Un frisson glisse sur mon col, Et glace ma lèvre déclose. — Si je le dis au rossignol, Il ira le dire à la rose.
Qui donc saura le supplier De finir mes peines mortelles ? — Si je le dis au blanc ramier, Il l’ira dire aux tourterelles.
Je me ploie ainsi qu’un roseau Et ma beauté penche flétrie. — Si je le dis au bleu ruisseau, Il l’ira dire à la prairie.
Vous qui voyez mon désespoir, Flots, ailes, brises des montagnes ! — Si je le dis à mon miroir, Il l’ira dire à mes compagnes.
Parce que je languis d’amour, Vous qui voyez que je me pâme, — Allez, allez de ce séjour Vers le bien-aimé de mon âme !