French poem
Extase
Oui, dans un pareil jour, tu naissais ! Du ciel bleu Une Âme libre, ouvrant ses ailes, ô mystère ! Pour venir lutter, vivre et souffrir sur la terre Quitte l’azur céleste et les astres de feu.
C’est qu’ayant le bonheur immense, elle a trop peu ; C’est qu’elle ne veut pas le goûter, solitaire, Et qu’une voix d’enfant qui ne pouvaitse taire Déjà parle à cette Âme, heureuse aux pieds de Dieu !
Tu naissais, et ta mère et ton père en délire, Penchés sur toi, pleuraient, essayaient de sourire Et, moment ineffable et que rien ne corrompt !
Tous les deux, pleins d’amour, d’orgueil et de folie, En leur naïve joie ils admiraient ton front, Et couvraient de baisers leur petite Zélie.
16 février 1873.